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Lettre aux amis des Ecrans de la Paix

Tout d'abord, cette année 2019 a été l'année du passage de relais de la Présidence des Ecrans de la Paix. Je suis très heureuse de porter ce projet avec le soutien des autres membres fondateurs de l'Association.

Sur le terrain, 2019 a été marquée par le retour de nombreux déplacés dans leur région d'origine et, malheureusement, plus récemment, par de nouveaux mouvements de population dans le Nord-Est de l'Irak, suite à la crise humanitaire provoquée par l'invasion Turque en Syrie.

Les Ecrans de la Paix ont débuté l'année avec un nouveau coordinateur terrain, Muhammad al-Qadry. Recruté en novembre 2018, jeune kurde amoureux de sa région qu'il parcourt en randonneur dès qu'il en a l'occasion, Muhammed est très enthousiaste dans la mise en œuvre du projet. Il est secondé par Najat, présent depuis le début de l'aventure des Ecrans et mémoire de l'Association sur le terrain. Le travail en autonomie n'est cependant pas évident pour les jeunes de la région et il a fallu encadrer Muhammad pour l'aider à prendre ses marques.

Au fil de l'année, après un printemps pluvieux, ponctué par le Ramadan, les Ecrans de la Paix sont revenus à un rythme de cinq projections par semaine dans cinq camps différents. Conformément à notre intention annoncée il y a un an, nous avons étendu nos activités jusqu'à Dohuk et projetons désormais une à deux séances hebdomadaires dans le camp de Domiz. Les autres camps sont Darashakran, Qushtapa, Kawirgosek et Gawilan.

A l'heure où nous vous écrivons, pour l'année 2019, les Ecrans de la Paix au Kurdistan Irakien ont diffusé 129 séances de cinéma indoor et outdoor auprès de 10 505 spectateurs, avectoujours beaucoup de succès notamment auprès des enfants et des jeunes. Un reportage a récemment été diffusé sur Arte, dans lequel les Ecrans sont mis à l'honneur (Extraits du reportage de Sophie Bontemps).

Le 9 et 10 juillet les Ecrans ont organisé, en partenariat avec le Goethe Institut et l'Institut Français, un festival du cinéma en plein air, qui a eu lieu dans la Citadelle d'Erbil. Plus de 500 personnes ont pu assister à deux sessions de courts métrages.

Plus récemment, en Syrie, nous avons dû renoncer à nous rendre à la quatrième édition du Festival International du Film du Rojava. Le contexte sécuritaire ne le permettait pas. Mais nous avons soutenu l'initiative à distance grâce au don d'un projecteur professionnel arrivé à Qamişlo en septembre 2019 et en prenant part à l'action menée par le collectif Ji Bo Rojava qui a répondu à un appel international lancé par les organisateurs du Festival invitant à réaliser la soirée d'ouverture « près de chez nous ». Ainsi, nous étions partenaire de cet événement qui a eu lieu, simultanément, le 13 novembre, dans une vingtaine de pays et dans une cinquantaine de villes à travers le monde. Une partie des films courts sélectionnés par le Festival ont pu être internationalement diffusés.

Nos partenaires sur le terrain ont finalement réalisé la soirée d'ouverture à Qamişlo même, malgré leurs deuils et les mesures de sécurité et grâce au projecteur livré quelques semaines plus tôt.

En juillet 2019 déjà, Les Ecrans de la Paix avait soutenu financièrement la première édition du Festival de films kurdes de Paris.

De façon général, les attaques en Syrie et leurs conséquences sur les populations ont mobilisé de nombreux acteurs humanitaires au Kurdistan Irakien et créé un bouleversement dans plusieurs camps. Aujourd'hui, de jeunes syriens récemment exilés bénéficient de nos projections, surtout à Gawilan.

La salle que nous avions équipée à Bartella a été prise en main par une équipe locale et fonctionne en autonomie. Nous nous en réjouissons.

Du côté de l'Afrique, notre partenariat avec R.F.I. (Radio France International) s'est concrétisé. Le responsable des Clubs RFI avait contacté les Ecrans de la paix en juin 2018 après avoìr visionné le film sur notre cinéma itinérant en Irak.

En Tanzanie, nous avons ainsi équipé une salle polyvalente dans le camp de Nyarugusu (154 600 réfugiés principalement congolais). Cinq séances sont organisées par semaine. La salle contient 200 places avec un taux d'occupation de 90% jusqu'à présent. Un projectionniste est rémunéré par les Ecrans de la Paix depuis le mois de Mai. Les séances sont toujours en français, les professeurs y tiennent beaucoup et considèrent que le cinéma est un outil pédagogique. (Vidéo de notre projet réalisée par RFI)

A moyen terme, nous envisageons de construire une salle dédiée à laquelle nous pourrions adjoindre une bibliothèque française.

En République Démocratique du Congo, nous avons lancé un projet avec l'hôpital de Panzi, spécialisé dans le traitement de femmes victimes de violence. Nous avons reçu un accord très enthousiaste du Dr. Denis Mukwege, prix Nobel de la Paix 2018, et de toute son équipe pour construire une salle de cinéma dans l'enceinte de l'hôpital. Nous visons une salle d'environ 200 fauteuils, aussi accessible à la population de Bukavu.

Le budget des Ecrans de la Paix au Kurdistan et en Afrique pour l'année 2019 s'élève à environ 53 500 euros. Nous estimons que les dépenses 2020 représenteront 63 500 euros. L'investissement conséquent que représente l'hôpital de Panzi est en train d'être chiffré. Nous tenons les documents comptables détaillés à votre disposition.

En vous remerciant de votre soutien fidèle.

Paris, le 25/11/2019

Amélie Banzet, Présidente